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Volume 4 - Asdheim : Reprendre, c'est voler

Discussion dans 'Asdheim' créé par pillowlavas, 18 Juin 2017.

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  1. pillowlavas

    pillowlavas Rédacteur en Chef Rédacteur

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    L'homme sans nom

    Arrivés devant le palais royal, je fis mes adieux à Edith. Pâle comme la neige sur le sol, raide comme les chaînes de montagnes aux alentours et nerveuse comme le blizzard qui sévissait un peu plus au nord, elle semblait avoir peur de quelque chose.
    "Tu es sûre que tout va bien ?
    - Pas vraiment.
    - Je vois. Prends ça, repars au Grand-Nord de la même façon que nous sommes venus."
    Je lui donnai tout l'argent restant et la dague que j'avais volée. Je lui fis la bise et lui dis adieu.
    Sans prêter attention à son regard attristé, je passai derrière le bâtiment et grimpai par une fenêtre à l'étage.


    Edith

    C'était la première fois que je voyais le grand monsieur partir si précipitamment pour quelque chose. Oui, "le grand monsieur". Je lui avais donné un prénom mais je ne l'utilisais jamais, même quand je lui parlais. Toujours était-il que je le voyais partir dans le bâtiment, m'abandonner pour partir aux devants de son destin.
    Je pris donc l'initiative de le suivre discrètement. Il avançait de façon très régulière, au pas assez rapide avec la main sur sa ceinture, comme si son sabre lui manquait. Tout dans son allure me rappelait mon frère. Son orgueil. Sa démarche. Son caractère.
    Et probablement la façon dont il allait mourir aujourd'hui.


    L'homme sans nom

    Ces couloirs étaient fichtrement sombres. Et il y en avait un paquet. Je finis même par me demander si ce n'est pas un labyrinthe. Ou tout simplement mon sens de l'orientation pitoyable qui me joue des tours... À droite ? À gauche ? D'où je venais ? Par où je devais aller ? Je m'étais perdu, comme toujours. La petite, au moins, elle avait le sens de l'orientation.
    Un mouvement. Je l'entendis. Une dizaine de mètres derrière.
    J’accélérai le pas, tournai à droite, et me mis à genoux. On n'y voyait rien. Je me fiais au son. J'écoutais chacun des bruits de pas, lents mais sûrs. Semblant avoir perdu quelque chose, ils se précipitèrent.
    Maintenant !


    Edith

    Me rendant compte que je ne le voyais plus mais que je ne l'entendais plus non plus, je pressais le pas, je courus d'un coup. Il avait pris à droit. Il avait pris à droite. Il avait pris à dr...
    Soudain, je me fis prendre en embuscade par le flanc. Je criai. Je sentis un bras m'étrangler, une bouche me faire taire et je sentis aussi... Une odeur d'homme. C'était lui.
    "Mais c'est toi ! dit-il en me lâchant doucement.
    - Bah oui, c'est moi ! Tu croyais quand même pas que j'allais te laisser claquer comme mon frère, il y a quelques années...
    - Ton frère ? s'interrogea-t'il.
    - Oui, je... C'est une longue histoire.
    - Longue histoire ou pas, tu ne me la raconteras pas. Tu vas m'aider à trouver la sortie de ce labyrinthe et en vitesse.
    - Comme si je pouvais t'aider à faire ce genre de choses !
    - Ce sera déjà bien mieux que moi... annonça-t'il, en me faisant pouffer de rire.
    - C'était là-bas, résonna une voix lointaine."
    Des bruits de pas pressés. Des armures qui s'entrechoquent. On avait alerté les gardes.
    "Eh, vous là-bas ! Mains en l'air !
    - Attendez, ce n'est pas ce que vous croyez ! se défendit l'homme sans nom, en tendant le bras."
    Ce petit geste fit tinter un objet. Soudain, les gardes baissèrent leurs armes et s'approchèrent. Ils prirent le bras du grand monsieur et regardèrent une espèce de petite plaque métallique.


    L'homme sans nom

    C'était à cause de la gamine qu'on était dans cette situation. J'aurais très bien pu y arriver tout seul.
    "Oh ! Quinzième régiment de sécurité générale ! C'est pas rien !
    - Hein ?
    - Bah toi !"
    J'inspectai mon bras, dans l'incompréhension, puis je vis la plaque que j'avais volée au militaire.
    "Ah ! Je ne comprenais pas. Oui, en effet ! Ce que j'en ai bavé pour en arriver là !"
    Edith ne comprenait pas ce changement direct.
    "Vous voyez la criminelle ici ? Il s'agit d'une grande voleuse en réalité. Elle profite de son innocence et de sa petite taille pour voler de grands et précieux butins. Elle est donc mondialement recherchée."
    Quoi ? D'où est-ce que je sortais ce bobard... Il n'y a pas moyen qu'ils me croient.
    "C'est vrai ?!
    - Hein ? Euh, ouais, bien sûr. Par conséquent, la mission de l'amener au roi m'a été confiée. Vous pourriez m'amener à la salle des gardes ?
    - Bien sûr ! Allons-y !


    Edith

    On aurait dit qu'il avait réussi à se faire des amis... Et c'était moi la criminelle ? N'importe quoi ! Une fois arrivés à la salle des gardes, il me fit mettre en cellule, sûrement pour qu'il aille récupérer son dû. Son sabre. Son sabre qui, visiblement, valait plus cher que ma vie. Je retirai ce que j'avais dit, il ne ressemblait pas du tout à mon frère.
    Au bout de quelques temps, un des gardes fit mine d'aller voir ce que faisait le grand monsieur. Je tâchai donc de les distraire, en me débattant dans la cellule. Cela les fit rester, à m'observer, comme si j'étais une animale.
    Soudain, l'un d'entre eux sourit.
    "Les gars ? demanda le plus moche.
    - Mouais ? répondit l'un d'eux, le plus grand.
    - Vous pensez ce que je pense ?
    - Si toi, tu penses ce qu'on pense, alors oui, répondit Géant-Vert.
    - Non, plus sérieusement... On n'aurait pas des promotions si on apportait la criminelle au roi ?
    - Il ne nous croirait pas, ça manque de cran venant de nous.
    - Et si on la tuait devant ses yeux ? répondit Momoche."
    À ces mots, tout le monde ricana. Horrifiée, je m'accrochai à la cellule.
    Chacun d'entre eux accepta cette possibilité barbare et monstrueuse et Géant-Vert m'assomma pour s'emparer de moi.


    L'homme sans nom

    Ces couloirs étaient vraiment interminables ; mais je devais faire vite, pour Edith. Il n'y avait pas une seconde à perdre. Je n'avais jamais couru aussi vite de toute ma vie. J'essayais chaque porte, chaque couloir, chaque étage. Puis j'eus enfin une bonne idée. Je pris les escaliers vers le bas, jusqu'à la cave. Tout devait forcément s'y trouver, tous les trésors étaient toujours conservés à la cale. Je courus pour y rechercher le tonneau avec mon sabre avant de devoir m'arrêter en sentant une lame sur ma gorge. Je m'arrêtai sec, mis les mains en l'air et levai la tête.
    Je me pris un coup de poing sec dans l'épaule.
    L'un d'entre eux, me mit à terre en frappant, violemment mon genoux.
    Un autre enchaîna, en m'écrasant au sol. Je pris des coups, de pieds dans le flanc. Ils me faisaient rouler, me frappaient, me lançaient. Plus loin, je voyais quelques, gardes au sol.
    "Alors ingrat ! Tu voulais voler les trésors royaux ! hurla l'un d'entre eux.
    - Tu voulais nous piquer not' butin ? Héhé ! ria le plus près de mon visage."
    Je pris un gros coup, bien plus fort que les derniers. Le prochain eût été le dernier. Je roulai difficilement pour les fuir, mon corps tout engourdi, quand ma tête cognai sur un tonneau. Je me mis difficilement sur mes jambes. Je voulais croire en l'espoir. Je voulais croire en la vie. Je levai le bras sur le tonneau, je l'ouvris et j'y passai mon bras. Je me mis à ricaner de façon cynique et menaçante.
    Les autres, derrière, se regardaient dans l'incompréhension.
    J'accrochai le fourreau à ma ceinture, à sa place. Je dégainai mon fidèle sabre. J'avançai vers eux.
    J'esquivai tous leurs coups. Ils n'arrivaient plus à me toucher : mon assurance m'éleva à un rang inatteignable. En 5 ou 6 coups de sabres, j'avais réussi à tous les mettre hors d'état de nuire.
    "Désormais, je dois me dépêcher, pour Edith" pensai-je vainement avant de m'évanouir sous le coup de la douleur engendrée par mon passage à tabac.
     
    Yronusa2000 apprécie ceci.
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